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Reggae A Babylone : Partie 2
Ça peut choquer d’entendre ces propos qu’un blanc peut à priori qualifié de raciste, sauf si c’est la vérité malheureusement, parce qu’Ambre FOULQUIER (animatrice de l’émission “TIMAL” sur France Inter et organisatrice de la scène Reggae aux FRANCOFOLIES de la Rochelle, dira à son tour : " Il n’y aurait peut-être pas eu de reggae sur la grande scène, si PIERPOLJAK et SINSEMILLIA n’avaient pas été la grande explosion de l’année. Là on parle de la grande scène, c’est-à-dire remplir 10 000 places, on est donc dans un angle de commerce et d’industrie de la musique reggae. C’est peut-être l’ouverture et le démarrage pour le reste. Sans vouloir faire du racisme parce que je suis blanche moi-même, je vais parler un peu durement : je ne sais pas pourquoi ; mais j’ai rencontré beaucoup d’artistes de reggae en France, des gens qui ont beaucoup de talent. La plupart c’est des africains, des Jamaïcains, en tout cas des gens de couleur noire, et aujourd’hui le reggae qui marche à une couleur blanche. Si c’est le départ ou si c’est un moyen d’ouverture pour permettre aux artistes rastas, reggae qui le sont depuis qu’ils sont né et qui mourront comme ça de pouvoir avancer et exister davantage, c’est très bien, c’est peut-être qu’on est dans un pays blanc, et que le spectateur ou l’auditeur est plus rassuré de voir ou d’entendre son semblable, je n’ai rien contre PIERPOLJAK parce que ça fait longtemps qu’il est là et qu’il se bat, maintenant c’est son heure de gloire, mais il y a aussi des artistes comme Ras DUMISANI et bien d’autres, MALICK BOULIBAÏ (sur AFRICA n°1) est plus en place pour citer ceux qui méritent d’être lancé aujourd’hui ".
Mais ceux qui méritent vraiment d’être signé en major ont-ils le profil commercial que recherche les maisons de disques pour faire valoir le reggae en France peut-on remplacé un Jamaïcain par un africain aux dreadlocks parlant et chantant en français ? Si ce n’était que ça le reggae aurait explosé en France avec les jeunes blacks mais il y a le message rasta qui a pour cheval de bataille, la lutte contre le système capitaliste et raciste en place, qu’il appelle “Babylone” et dont il chante la chute. Un des toasters qui fait autorité dans l’underground parisien est certainement MAXI KOFFI qui avec son SOUND SYSTEM KROSFAYA, fustige les “systèmes” en bon français selon lui " Babylone veut l’Afrique sans les africains. Babylone aime la musique reggae, mais Babylone n’aime pas les rastas, parce que Rasta est là pour dire la vérité, Rasta aime la franchise et tout ce qui est naturel. Ce que rasta aime, c’est le contraire de ce que Babylone propose aux gens. Babylone aime l’Afrique, mais Babylone veut l’Afrique sans les africains, c’est-à-dire sans les blacks, donc il y a des gens qui n’aiment pas les rastas aujourd’hui, et qui luttent contre les blacks et donc contre l’Afrique ". Cette musique qui semble venir des profondeurs de l’Afrique pour panser les blessures de ses enfants réduits à l’esclavage pendant plus de 400 ans - à une histoire qui est donc liée aux rastas qui finalement représentent la mémoire vivante de l’Afrique. Cependant peut-on faire de la musique reggae sans être assimilé à un rasta, au risque de faire usage de faux ? En France les groupes de reggae qui se respectent n’ont pas peur de dissiper la confusion et de brandir leur identité comme le fait SINSEMILLIA : ce groupe de reggae au nom très révélateur qui vient de Grenoble, " Chez SINSE, il n’y a pas de rasta, rasta c’est quelque chose de sérieux, ce n’est pas je fume de l’herbe, j’écoute du reggae et j’ai des LOCKS, Rasta c’est quelque chose de sérieux. On ne va pas prétendre être quelque chose qu’on est pas. Rasta, non, y n’a pas chez SINSE, il y a du respect pour plein de chose du mouvement rasta, plus jeune, on est allé fouiller voir un petit peu, mais ça ne nous correspond pas directement, et même si parmi nous il y en a qui en sont proche, on n’est pas un groupe qui prêcherait une quelconque religion sur scène, on n’a pas à convertir, on n’est pas des prophètes, nous on est des jeunes français, c’est pas notre rôle ". De cette façon, des groupes tels que MISTER GANG, Baobab, TRYO, K2R RIDDIM, RASTA BIGOUD composés en majorité de jeunes français ont pris le cœur des français, et vendent beaucoup de CD. Leur chef de fil, PIERPOLJAK, celui qui a battu tous les records de vente de reggae en France cette année reste accroché à la Jamaïque et pense que le reggae a été rattrapé par la machine du système qui ricane sur le RASTAFARISME, tout en mettant en garde ces compatriotes pour qui il trouve que c’est une nouvelle sensation, il n’oublie pas de dire : " Même s’il y en a qui vendent des disques et qui ont du succès, il faut rappeler encore une fois que le reggae vient de la Jamaïque... ". Mais cela suffit - il de dire que le reggae vient de Jamaïque ? N’y a-il pas un esprit véhiculé dans cette musique qui transcende les territoires ?
L’INFLUENCE DE L’ANGLETERRE
Sans être une caricature de la culture Rasta, le reggae en France s’est inspiré du modèle anglais, où pour une plus grande consommation le message a été dilué, remis au goût de la population Anglaise, c’est-à-dire festif voir purement commercial, prêtant le flanc au DANCE - HALL, tendance plutôt récréative et sexiste. Imbibé d’un message très moralisateur (sexe, drogue, violence, argent), des groupes comme Massive ATTACK, UB 40, Jazzy B (Soul to Soul), Tipa IRIE, et aujourd’hui toute la jeune génération d’artistes jamaïcains qui utilisent l’héritage Rastas pour se faire de l’argent (BENNIE MAN, Bounty Killer, SHABBA RANKS, SHAGGY , TC...). Pour le jamaïcain, Babylone a d’abord été, les USA et l’Angleterre, le pays de la Reine avant de s’adresser au continent Européen tout entier. Aujourd’hui, ils existent encore des pionniers de ce combat pour la reconnaissance de la culture des rastas à Londres ou à BRIXTON, d’où ils communiquent avec le monde, LKJ, JAH SHAKA, Junior DELGADO, Adrian SHERWOOD, Johnny CLARK et tous ces dignitaires rastas que le journaliste et promoteur Steve Barrow et son label BLOOD AND FIRE diffuse à travers le monde et à plus PRECISEMENT imposé chez ses voisins les Français.
Pour MALICK BOULIBAÏ ( DJ reggae et animateur de radio sur AFRICA n° 1, “La racine du reggae, c’est rasta”. " Moi ce qui m’intéresse, c’est la racine du reggae, l’essence du mouvement, son originalité, ce qui fait qu’ont connaît aujourd’hui le reggae, c’est qu’il y a rasta dedans, il y a la culture rastafari, c’est la musique du " Lion of Juda ". C’est pourquoi, on a toujours un lion pour représenter le reggae, le reggae que je passe avec un message conscient. Aujourd’hui, il y a pleins d’artistes qui sont mis de côté, qui sont marginalisés pour leurs idées, il faut savoir que l’industrie du disque, c’n’est pas du cadeau, ceux qui contrôlent ça ne sont pas des anges, c’est même souvent des démons. Il y a beaucoup de discrimination au point qu’on laisse de côté beaucoup d’artistes doués et inspirés parce qu’ils sont trop noirs, trop militants ou qu’ils ont une trop grande gueule, des artistes comme YAYA YAOVI, DANNY CULTURE, Ras NAYA, Ras DUMISANI, MUSHAPATA, Pablo MASTER ... et bien d’autres sont freinés. Une question se pose alors à tous ceux qui écoutent de la musique, a - t - on la possibilité de programmer ses émotions, par rapport à l’auteur ou à l’interprète de chanson qui passe à la radio ou à la télé, transformer du blanc en noir ou du noir en blanc pour donner une quelconque valeur à l’histoire ? Sinon alors il faudra faire attention à la nouvelle sensation...
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